Basykabox
Cheveux & coiffure

Cheveux qui cassent : 180°C, kératine fragilisée et gestes à corriger avant de couper

Anne-Lise Garrel-Destouches 10 min de lecture

Des mèches courtes sur la brosse, des pointes qui s’effilochent, une chevelure qui perd en volume alors que les racines semblent pousser : la casse capillaire est souvent confondue avec une chute de cheveux. Pourtant, le mécanisme n’est pas le même. Dans un cas, le cheveu se brise sur sa longueur ; dans l’autre, il tombe depuis la racine. En repérant les bons signes, il devient plus simple de limiter les dégâts et de retrouver des longueurs plus résistantes.

Reconnaître des cheveux qui cassent sans les confondre avec la chute

Un cheveu cassant est souvent sec, rêche ou rugueux au toucher. Il manque de souplesse, accroche au démêlage et se brise facilement, parfois en petits fragments. Les signes les plus fréquents sont les pointes fourchues, les frisottis, le manque de brillance, les longueurs irrégulières et cette impression frustrante que les cheveux “ne poussent plus”. En réalité, ils poussent, mais cassent avant d’atteindre la longueur espérée. Plus la fibre est fragilisée, plus la casse devient visible sur les longueurs et aux pointes.

Casse, chute ou pointes abîmées : les indices à observer

Pour faire la différence, regardez ce que vous retrouvez dans la douche, sur l’oreiller ou dans la brosse. Un cheveu tombé depuis la racine est souvent entier, avec parfois un petit bulbe clair à l’extrémité. Un cheveu cassé est plus court, sans bulbe, avec une extrémité nette ou effilochée. Les pointes fourchues signalent, elles, une fibre abîmée en bout de longueur. Si rien ne change, elles peuvent remonter et fragiliser la tige du cheveu sur plusieurs centimètres.

Ce que vous observez Cause probable Premier réflexe utile
Petits morceaux de cheveux sur la brosse Casse sur les longueurs Démêler plus doucement et renforcer les soins
Cheveux entiers avec bulbe Chute depuis la racine Surveiller l’évolution et demander un avis si la chute persiste
Pointes fendues ou blanches Pointes fourchues et fibre usée Couper légèrement puis protéger les longueurs
Frisottis, toucher rêche, cheveux ternes Cuticule fragilisée et porosité Apporter hydratation, nutrition et protection

Ce qui se passe dans la fibre capillaire quand elle casse

Le cheveu ne se répare pas seul comme la peau. Une fois la fibre abîmée, les soins peuvent améliorer son aspect, la protéger, la renforcer temporairement et limiter la casse, mais ils ne “ressoudent” pas définitivement un cheveu très fissuré. C’est pour cela que la prévention compte autant que la réparation. Quand la fibre est déjà ouverte, chaque frottement, chaque passage de brosse et chaque source de chaleur peut aggraver le problème.

10 conseils de dermatologues pour protéger vos cheveux — Découvrez les mauvaises habitudes capillaires à éviter et les astuces d’experts pour préserver la santé et la vitalité de vos cheveux.

Cuticule, cortex, kératine : comprendre sans jargon

IOMA Paris indique que chaque cheveu est constitué de trois couches : la cuticule, le cortex et la médulla. La cuticule est la couche externe protectrice, formée d’écailles de kératine. Lorsqu’elle est lisse et bien alignée, elle protège le cœur du cheveu. Le cortex contient des protéines et des lipides ; il participe à la résistance, à l’élasticité et à la structure de la fibre. La médulla est plus centrale, surtout présente dans les cheveux épais. Quand la cuticule se soulève ou s’amincit, le cortex devient plus exposé, l’eau s’évapore plus facilement et la fibre perd sa cohésion.

LIRE AUSSI  Kératose du visage : plaques rugueuses, UV et signes qui doivent faire consulter

Le résultat est très concret : le cheveu devient poreux, rigide, moins élastique, puis casse au brossage, au coiffage ou simplement par frottement. La kératine n’assure plus son rôle de protection comme avant. Les longueurs paraissent alors plus ternes, plus fragiles et moins faciles à discipliner.

L’effet loupe : regarder ses longueurs autrement

Un simple changement d’observation peut aider à comprendre l’origine de la casse. Placez quelques mèches devant une lumière naturelle et faites-les glisser entre les doigts. Si certaines zones deviennent translucides, irrégulières ou plus claires aux pointes, la fibre est probablement affinée. Si les cassures se concentrent au niveau des tempes, des attaches ou des zones frottées par les vêtements, la cause est plutôt mécanique. Ce regard plus précis évite de traiter toute la chevelure de la même façon alors que seules certaines zones sont en surcharge.

Cette lecture par zones est utile sur cheveux longs, mais aussi sur cheveux bouclés, frisés ou crépus, où la casse peut se répartir de manière inégale. Elle aide à repérer si le problème vient surtout du coiffage, du séchage ou d’une routine trop agressive.

Les causes les plus courantes : chaleur, chimie, frottements

La casse des cheveux est rarement due à une seule erreur. Elle vient le plus souvent d’une accumulation : un peu trop de chaleur, un démêlage pressé, une coloration répétée, une coiffure serrée, des longueurs frottées par l’oreiller. À force, la fibre perd sa résistance. Les cheveux déjà secs ou sensibilisés réagissent encore plus vite, car leur cuticule protège moins bien le cortex.

La chaleur au-dessus du seuil raisonnable

Les sèche-cheveux très chauds, fers à lisser, fers à boucler et brushings fréquents peuvent altérer la kératine. IOMA Paris indique qu’au-delà de 180°C, la kératine se dénature. Concrètement, le cheveu perd en souplesse, devient plus sec, plus cassant et plus difficile à coiffer. Si vous utilisez un appareil chauffant, baissez la température dès que possible, appliquez une protection thermique et évitez de repasser plusieurs fois sur la même mèche. La répétition des passages compte autant que la chaleur elle-même.

Les traitements chimiques qui ouvrent les écailles

Colorations, décolorations, permanentes, défrisants et lissages modifient la structure de la fibre. Pour faire pénétrer pigments ou agents transformants, ces techniques peuvent ouvrir les écailles de la cuticule et affaiblir le cortex. Après une décoloration ou un lissage, les cheveux peuvent sembler plus beaux quelques jours, puis devenir secs, élastiques, mousseux ou cassants. Dans ce cas, espacer les traitements et renforcer la routine de soin devient indispensable. Les longueurs ont besoin de temps pour retrouver un aspect plus stable entre deux interventions.

LIRE AUSSI  Gingembre : nausées, digestion et précautions à connaître

Les agressions mécaniques sous-estimées

Un brossage vigoureux, une serviette frottée sur cheveux mouillés, des élastiques trop serrés, des coiffures plaquées ou des frottements contre l’oreiller suffisent à provoquer des microfissures. Les cheveux mouillés sont particulièrement vulnérables : ils s’étirent plus facilement et cassent si on tire trop fort. Privilégiez un démêlage progressif, des pointes vers les racines, avec un soin démêlant ou un après-shampooing adapté. Sur cheveux fragiles, la douceur au moment du lavage et du coiffage fait une vraie différence.

La routine anti-casse : des gestes simples mais réguliers

Limiter la casse ne signifie pas multiplier les produits. L’objectif est plutôt de réduire les agressions et de donner à la fibre ce dont elle manque : douceur, hydratation, lipides protecteurs, protéines si elle est très fragilisée. Une routine efficace commence souvent par des gestes plus lents et plus précis. C’est la régularité qui aide le plus, pas l’accumulation de soins ponctuels.

Au lavage : nettoyer sans décaper

Choisissez un shampooing doux, adapté à votre cuir chevelu, puis concentrez le massage sur les racines. Les longueurs n’ont pas besoin d’être frottées énergiquement : la mousse qui s’écoule suffit souvent à les nettoyer. Massez avec la pulpe des doigts, jamais avec les ongles, puis rincez abondamment. Après chaque shampooing, un après-shampooing aide à lisser la cuticule, faciliter le démêlage et réduire les tensions mécaniques. Si les cheveux sont très sensibilisés, le fait de simplifier ce geste réduit déjà une partie de la casse.

Au séchage et au coiffage : moins de friction, moins de traction

Remplacez le frottement énergique de la serviette par un pressage doux. Si possible, utilisez une serviette microfibre ou un tissu lisse. Démêlez lorsque les cheveux sont imprégnés de soin ou légèrement pré-séchés, selon votre type de cheveux. Les cheveux bouclés, frisés ou crépus apprécient souvent le démêlage humide avec un produit glissant ; les cheveux fins peuvent préférer un démêlage sur cheveux presque secs pour éviter l’étirement excessif. Dans tous les cas, allez du bas vers le haut, par petites sections, pour limiter la traction sur la fibre.

Évitez les élastiques avec parties métalliques. Alternez les coiffures pour ne pas tirer toujours au même endroit. Protégez les longueurs du frottement des cols, écharpes et oreillers. Limitez les appareils chauffants et restez sous 180°C lorsque c’est possible. Coupez les pointes très abîmées avant que les fourches ne remontent. Ces gestes sont simples, mais ils réduisent la casse quand ils deviennent des habitudes.

Quels soins choisir pour renforcer des cheveux cassants ?

Les soins anti-casse doivent être choisis selon l’état réel de la fibre. Des cheveux secs ont besoin d’hydratation et de nutrition. Des cheveux très sensibilisés par la décoloration, la chaleur ou le lissage peuvent aussi avoir besoin de soins renforcés à base d’actifs gainants ou restructurants. L’idéal est d’alterner sans surcharger. Un soin trop riche sur cheveux fins peut alourdir, alors qu’une fibre épaisse ou bouclée supporte souvent mieux une texture plus nourrissante.

Masques, soins profonds et actifs réparateurs

Un masque capillaire appliqué régulièrement aide à assouplir les longueurs, à réduire le toucher rêche et à améliorer la résistance au coiffage. Wella affirme que le régime ULTIMATE REPAIR réduit de 99 % le nombre de cassures, et que le régime Fusion rend les cheveux jusqu’à 95 % plus résistants. La marque recommande aussi d’utiliser le masque Fusion au moins 1 fois par mois. Ces promesses concernent des routines produits précises, mais elles rappellent un principe utile : les cheveux cassants ont besoin de constance, pas d’un soin isolé utilisé seulement quand la casse est déjà installée.

LIRE AUSSI  Cotons réutilisables, bébé ou bio : le bon format selon l’usage et la peau

Certains soins associent protéines, agents filmogènes, lipides ou ingrédients comme les AHA et l’oméga-9, mentionnés par Wella pour agir sur la cuticule et la couche externe fragile. Sur cheveux fins, appliquez les soins riches surtout sur les pointes pour éviter l’effet lourd. Sur cheveux épais, bouclés, frisés ou crépus, une texture plus nourrissante peut aider à limiter la sécheresse et les frottements entre mèches. L’objectif reste le même : soutenir la fibre sans l’étouffer.

Les remèdes naturels : utiles, mais à leur juste place

Les huiles végétales, beurres, gels hydratants ou soins maison peuvent améliorer la souplesse et protéger les longueurs, surtout si les cheveux sont secs et poreux. Ils ne remplacent toutefois pas une coupe des pointes très fourchues ni une protection thermique si vous utilisez régulièrement des appareils chauffants. Une huile appliquée en petite quantité sur les pointes peut limiter les frottements ; un soin hydratant peut redonner de la douceur ; un masque nourrissant peut aider à discipliner les frisottis. L’idée n’est pas de tout mélanger, mais de choisir ce qui répond au vrai besoin de la fibre.

Quand demander un avis professionnel

Si la casse est brutale, très localisée, associée à une chute importante, à des démangeaisons, à des plaques ou à une perte visible de densité, mieux vaut demander conseil à un coiffeur professionnel, un dermatologue ou un trichologue. Un professionnel pourra distinguer une fibre abîmée par les gestes et les traitements d’un problème du cuir chevelu ou d’une chute nécessitant une prise en charge spécifique. C’est aussi le bon réflexe si la casse persiste malgré une routine plus douce.

Les cheveux cassants demandent surtout une stratégie cohérente : identifier la zone de casse, réduire la chaleur et les frottements, espacer les traitements chimiques, choisir des soins adaptés et accepter de couper ce qui est trop abîmé. En quelques semaines de routine plus douce, les longueurs gagnent souvent en souplesse, en brillance et en résistance au démêlage. Quand la fibre est moins agressée, elle casse moins vite et garde mieux sa longueur.

Anne-Lise Garrel-Destouches

Partager cet article

Retour en haut